Robert Wise: un artisan au pays des studios
La maison du diable
séance du 11 mars
N ous avons gagné ce soir , Le jour où la Terre s’arrêta, West Side Story , La maison du diable , La mélodie du bonheur , Le mystère Andromède , Star Trek : Le Film … il est toujours bien d’énumérer ces chefs d’œuvre du cinéma hollywoodien et de se rappeler qu’ils sont l’œuvre du même réalisateur : Robert Wise. En 60 ans de carrière et une quarantaine de films, il a touché à tous les genres, parfois plusieurs fois, du film d’horreur au film noir, en passant par le western, la science-fiction, la comédie musicale, le drame ou le film de guerre. A l’instar d’un certain Stanley Kubrick ? Contemporains, les deux hommes étaient souvent comparés, ou plutôt opposés. L’un était l’artiste, l’autre l’artisan. Robert Wise était bien sûr le second, celui qui obéissait aux studios, qui se pliait à un genre et un budget, alors que Kubrick apposait son regard, neuf, unique. Une caricature, que certains comme Martin Scorsese s’efforceront de combattre et qui oublie de faire de Wise un réalisateur dans la plus pure tradition hollywoodienne. Non pas un « auteur » au sens des Cahiers du cinéma première époque, mais un technicien au sens noble du terme, qui s’attaque aux genres et aux styles avec toujours en tête la matière cinématographique au service d’une histoire, quelle qu’elle soit.
Robert Wise commence à travailler au début des années 30 aux célèbres studios RKO, en amenant les bobines des salles de montage à celles de projection. Il devient ensuite monteur son puis image, avec des films comme La fille de la cinquième avenue , Mon épouse favorite , Casimodo et surtout Citizen Kane et La Splendeur des Amberson d’Orson Welles. Il obtient un Oscar pour le premier et tourne des scènes additionnelles sur le second. C’est aussi à cette époque qu’il devient familier des effets d’optique, dont regorge Citizen Kane, et qu’il utilisera à sa manière d’un film à l’autre, empruntant une technique sur un genre pour l’appliquer à un autre, donnant à chacune de ses incursions une to...
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