studioLa première année du Ciné-Club Les couleurs de la Toile fut, comme son nom l’indique, multi-colore. Les variations chromatiques de la Toile du Cinéma de la rue des Ursulines ont ainsi pu nous faire (re)découvrir tout au long de l’année des œuvres venues des différents points de notre orange bleue. Notre seule boussole : les images ; notre quête : trouver ce qui nous fait sourire, pleurer, nous touche face aux films ; notre croyance, l’image : sa composition, ses couleurs, ses jeux de lumières qui deviennent vecteurs d’émotions.
Pour notre deuxième année, l’image reste toujours au centre de notre quête.  Comment nous arrive-t-elle ? Quelle est sa construction ? Comment la cerner et s’en émouvoir, sentir et comprendre sa beauté… Autant de questions qui parfois semblent oubliées. Car en effet, il n’est pas simple de reconnaître la beauté qui s’expose. L’image s’impose à l’écran avec une évidence mensongère, cachant son jeu, l’intelligence de son artifice : coquine, elle nous séduit tout en masquant son maquillage. Mais ce serait bien trop simple…

Voilà, nous croyons à la création cinématographique, au travail de toute une équipe pour donner un corps visuel à l’histoire. Puisqu’il n’y a pas de film sans forme, le corps et l’âme d’une image n’en font qu’un, pour produire du sens, caressant les subtiles cordes des senses.
Dans cette création, le rôle du chef op’ ou directeur de la photo est primordial. Cet artiste-artisan, qui maîtrise la technique pour créer l’image en jouant avec ses deux principaux composants : le cadre et la lumière.  Alors après s’est émerveillés de cette beauté et chercher à en comprendre les émotions, nous aimerions maintenant, mieux comprendre la genèse de l’image cinématographique en interrogeant cette frontière entre la technique et l’artistique, « là où l’imagination rencontre la réalité du processus de fabrication d’un film » (Freddie Young 1972).

Le plaisir des yeux restera toujours notre impératif.  Mais alors que nous plongions allègrement dans une Toile couleur arc-en-ciel, il nous plairait pour notre deuxième année de revenir sur les deux premières couleurs qui ont fait le cinéma, toujours de paire, citées comme une seule et même teinte: le Noir & Blanc.
Injustement balayées par le géant Technicolor, trop rapidement rangées dans les placards nostalgiques de la mémoire le Noir, le Blanc et leurs nuances de gris sont un terrain de jeu idéal, un vrai cas d’école pour qui veut apprendre sur l’image. Car, en noir et blanc, on ne peut pas tricher. Les contrastes, la lumière, le cadre, la profondeur de champ… Tous les instruments du chef op’ sont ici au grand jour. Mentir lui devient impossible.

Que les craintifs soient rassurés… Noir et blanc ne rime pas avec vieux et ennuyeux. Et nous nous efforcerons à vous le prouver. Notre programmation s’efforcera donc de présenter tout au long de l’année des films tirant leur beauté, leur force du Noir et Blanc. Ces belles couleurs n’ont en effet pas fini de vous en faire voir, on vous le garantit.

Pour donner corps à notre projet, deux événements accompagneront nos séances : pour débuter l’année, une exposition de photo …

Enfin, le cinéma c’est certes de la photographie mais c’est surtout une suite d’image assemblées au rythme d’une mélodie. La musique apporte sa contribution à la beauté de l’image. Pour ne pas l’oublier, nous laisserons pour la dernière séance s’exprimer la musique par un concert, il s’agira de voir avec les oreilles, écouter avec les yeux et pourquoi pas toucher par le regard…